J'ai des croûtes au genou.
La douceur de ma peau a embrassé la dureté du béton. Le combat était inégal, mon corps dû capituler. Quand Napoléon III s'est croûté, il y a laissé l'Alsace-Lorraine... moi j'ai laissé quelques centimètres carrés de peau. Ce n'est que peu de choses me direz-vous. Ça n'empêche que c'est douloureux.
Malgré tout, j'ai de la chance dans mon malheur. Le lendemain matin, à l'aube d'une nouvelle journée, j'eus le plaisir de découvrir une croûte à la place de ma blessure. Tel un enfant émerveillé devant un don de la petite souris, je me retrouve transi de joie face au modeste présent de mon organisme. Elle était rigide et craquelée ça et là... Les croûtes ont toujours été des complices à mes péripéties. Aussi loin que je m'en souvienne, mes petites jambes maigrelettes de gamin turbulent ont toujours accueillies avec joie cette trace du passé. Une micro-seconde de perdition, pour plusieurs semaines de croûtes : le bilan est à mon avantage.
J'effleure du bout des doigts le travail de toute une nuit. L'irrégularité au toucher de ce petit monticule organique me rend heureux. Cela change de l'habituelle platitude de ma peau ! Je la regarde, la contourne, la tapote, la gratte, la caresse. Cette nouvelle venue est bien étrange. Un flash, et la fatalité du destin me saisit. Ma pauvre petite, tu disparaîtras aussi vite que tu es arrivée... Condamnée à remplacer temporairement un léger bobo. Destin tragique de la croûte, méprisé de tous. Heureusement, l'homme a trouvé la solution, et ce depuis sa plus tendre enfance : on l'arrache. Un peu de sang, pour de nouvelles semaines de pur bonheur !
La douceur de ma peau a embrassé la dureté du béton. Le combat était inégal, mon corps dû capituler. Quand Napoléon III s'est croûté, il y a laissé l'Alsace-Lorraine... moi j'ai laissé quelques centimètres carrés de peau. Ce n'est que peu de choses me direz-vous. Ça n'empêche que c'est douloureux.
Malgré tout, j'ai de la chance dans mon malheur. Le lendemain matin, à l'aube d'une nouvelle journée, j'eus le plaisir de découvrir une croûte à la place de ma blessure. Tel un enfant émerveillé devant un don de la petite souris, je me retrouve transi de joie face au modeste présent de mon organisme. Elle était rigide et craquelée ça et là... Les croûtes ont toujours été des complices à mes péripéties. Aussi loin que je m'en souvienne, mes petites jambes maigrelettes de gamin turbulent ont toujours accueillies avec joie cette trace du passé. Une micro-seconde de perdition, pour plusieurs semaines de croûtes : le bilan est à mon avantage.
J'effleure du bout des doigts le travail de toute une nuit. L'irrégularité au toucher de ce petit monticule organique me rend heureux. Cela change de l'habituelle platitude de ma peau ! Je la regarde, la contourne, la tapote, la gratte, la caresse. Cette nouvelle venue est bien étrange. Un flash, et la fatalité du destin me saisit. Ma pauvre petite, tu disparaîtras aussi vite que tu es arrivée... Condamnée à remplacer temporairement un léger bobo. Destin tragique de la croûte, méprisé de tous. Heureusement, l'homme a trouvé la solution, et ce depuis sa plus tendre enfance : on l'arrache. Un peu de sang, pour de nouvelles semaines de pur bonheur !